Cartofriches : près de 12 000 sites en friches répertoriés et caractérisés, des données intégrées à l'outil d'observation foncière UrbanSIMUL
Cet article fait partie du dossier : Artificialisation et sobriété foncière : les outils du Cerema
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Elaboré par le Cerema à la demande du ministère de la Transition écologique, il recense plus de 11 900 sites, essentiellement à partir de la remontée d'observatoires locaux de friches.
Plus d'une vingtaine de caractéristiques (enjeux environementaux, zonage d'urbanisme, etc...) sont calculés par Cartofriches, apportant une plus-value aux observatoires locaux. Ces données sont intégrées dans l'outil UrbanSIMUL, ouvert gratuitement aux collectivités et acteurs publics, afin de mieux connaître le foncier et faciliter l’élaboration de stratégies opérationnelles.
Le Cerema met régulièrement à jour les données de Cartofriches, dont la base de données intègre des observatoires locaux et les sites candidats aux appels à projets régionaux du Fonds friches.
CARTOFRICHES : Une evolution en continu depuis 2022
L'application Cartofriches s’inscrit dans l’objectif de zéro artificialisation nette, alors que près de 24.000 hectares de sols naturels et agricoles sont urbanisés chaque année.
L'application, qui fournit une base de données "friches" homogène au niveau national, présente des données ouvertes et disponibles en téléchargement sur data.gouv.fr, et est mise à jour régulièrement en intégrant des données remontées par les observatoires locaux. Elle est accessible sur le site Cartofriches, ainsi que sur l'outil UrbanSIMUL qui intègre depuis 2023 l'ensemble des sites répertoriés par Cartofriches et permet de mieux situer les friches dans leur contexte, de faciliter la planification et leur réhabilitation.
À ce jour, l'application identifie et caractérise près de 12 000 sites en friche, dont environ 3000 issus du Fonds Friches et 6200 provenant de 17 observatoires locaux.
Depuis 2023, les données de Cartofriches sont intégrées dans l'outil UrbanSIMUL du Cerema, qui permet l'observation foncière et immobilière à l'échelle de la parcelle. Il est possible:
- de visualiser l'ensemble des friches sur son territoire ;
- d'élaborer un observatoire local des friches au sein d'un cercle d'utilisateurs construit par une collectivités ou un service de l'Etat. L'avantage est de pouvoir constituer son recensement de friches sur un outil gratuit, en ligne et collaboratif, en respectant le standard de données CNIG, le tout sans avoir à maîtriser les outils de SIG ou bases de données.
Toutes les réutilisations des données de l'inventaire des friches sont à présent répertoriées comme "Réutilisations" sur le site data.gouv.fr. Les données de Cartofriches ont été intégrées dans l'API Données foncières du Cerema, en libre accès. Il est possible d'accéder aux données d'une friche via son identifiant unique ou à l'ensemble des friches pour une commune ou un département.
L'interface cartographique permet de visualiser rapidement les friches répertoriées à l'échelle d'un département, et de voir si un site fait déjà l'objet d'un projet connu. Enfin, le standard CNIG "friche" intègre deux nouveaux champs pour caractériser la nature des projets de réhabilitation. Ces améliorations ont été ajoutées dans Cartofriches.
Le Cerema œuvre à la standardisation des données
avec le "Groupe de travail Friches" qu'il anime
au sein du Conseil National de l'Information Géolocalisée (CNIG).
Issu du modèle initial de Cartofriches, le géostandard CNIG Friches a été élaboré en un temps record en 2022 avec l'ensemble des parties prenantes, et il a été validé par la Commission des standards du CNIG.
Ce standard d'échange de données est désormais partagé par tous les maîtres d'ouvrage d'inventaires territoriaux de friches aussi bien que par les développeurs de solutions numériques.
Il donne de la cohérence aux travaux locaux, facilite les échanges entre tous les acteurs de l'écosystème, et constitue le format d'intégration des données dans Cartofriches.
Il présente la particularité d'avoir, pour la première fois dans l'histoire des géostandards, fait l'objet d'une coordination étroite entre le CNIG et Etalab, permettant son référencement sur schema.gouv.fr qui apporte des outils de documentation, d'édition et de validation des données, en lien étroit avec la publication des données "Sites référencés dans Cartofriches" sur data.gouv.fr.
La thématique Friches bénéficie ainsi d'une intégration totale entre l'aspect standardisation de données, la plateforme et inventaire national Cartofriches, et les outils d'édition et de publication de données ouvertes.
Utiliser la connaissance locale des sites en friche
Afin de limiter l’étalement urbain, une solution est en effet de développer des projets sur d’anciens sites industriels, ou d’autres espaces désaffectés. L’outil Cartofriches permet de visualiser sur une carte ces sites en friche à l’échelle nationale, et constitue un outil pour la prise de décision.
Il est alimenté par des données nationales permettant un pré-recensement de sites potentiellement en friche (Basol, Basias, les candidatures aux appels à projets), et surtout par la connaissance locale (inventaires et observatoires locaux, études, remontées d'information des acteurs locaux…).
Les friches apparaissent en fonction de leur statut (existence ou non d'une projet) ou de leur localisation, soit directement via la cartographie soit en entrant une adresse ou une ville pour faire apparaître les friches les plus proches. Pour chaque site, une fiche présente la surface, la localisation, les informations sur les propriétaires actuel et précédent, les références cadastrales, le bâti, le contexte urbain et les caractéristiques du sol, quand ces données sont disponibles.
Le visualiseur Cartofriches (celui que l’on retrouve en ligne) est le fruit d’un développement informatique mené par le Cerema, via la technologie R Shiny. Dans la poursuite de l’objectif d’ouverture de Cartofriches, dont les données sont déjà en opendata, le code de cette application a été mis en opensource : https://github.com/CEREMA/cartofriches.
L'application Cartofriches propose un onglet intitulé "Explorer les données" : Il s'agit d'un tableau dynamique, qui permet d'explorer l'inventaire des friches, à l'aide de quelques filtres portant sur leur statut (friche avec ou sans projet, friche reconvertie, etc...), leur surface, leur type (industrielle, d'habitat, etc...), leur localisation ou encore selon le producteur de la donnée.

Trois raisons de contribuer à Cartofriches
L’intérêt pour un observatoire local de friches de verser ses données dans l’inventaire national est multiple :
- Enrichir les données de son observatoire : le Cerema réalise en effet certains enrichissements de données, en rajoutant systématiquement des informations concernant :
- la propriété (qui détient la friche ?) ;
- le zonage d’urbanisme (la friche est-elle sur une zone urbanisée ou urbanisable ?) ;
- les zonages environnementaux qui intersectent la friche (la friche est-elle dans une zone Natura 2000 ?) ;
- les monuments historiques (la friche est-elle dans un périmètre de 500m autour d'un monument historique ?) ;
- la surface de bâti au sol et le taux d'espace urbanisé (quelle emprise au sol des bâtis ?) ;
- le taux de logements vacants (via les fichiers fonciers) ;
- la desserte en transports en commun (distance à la gare la plus proche) et à un échangeur autoroutier ;
- et prochainement, il est envisagé de rajouter des informations sur l’artificialisation (via des croisements avec l’OCS-GE), le potentiel de renaturation (grâce aux travaux du projet POGEIS) et les usages potentiels de la friche.
- Mettre en visibilité les friches de son territoire afin d’accélérer leur reconversion, via une mise à disposition des données en opendata et une représentation de ces données sous la forme d’une carte intéractive et un tableau d’exploration des données. De nombreux acteurs privés et bureaux d’études utilisent Cartofriches afin de sélectionner des sites d’implantation de projets pouvant répondre à leur besoin. Par ailleurs, les textes relatifs au développement des énergies renouvelables favorisent fortement l'installation de ces dernières sur des friches
- Mettre en avant les friches récemment réhabilitées sur son territoire, étant donné que Cartofriches intègre également les friches reconverties, avec notamment l’information du type de projet de reconversion (pour un projet d’habitat, d’activités, d’énergies renouvelables, etc.).
Des outils pour contribuer facilement à Cartofriches
Le Cerema vous accompagne si vous souhaitez démarrer un travail de recensement ou si vous avez des données sur les friches de votre territoire et souhaitez les valoriser sur Cartofriches.
L'outil UrbanSIMUL peut être utilisé pour constituer un observatoire local de friches en facilitant les remontées terrain, grâce à de nouvelles fonctionnalités collaboratives entre utilisateurs. Il est ainsi possible d’importer des friches potentielles pour les qualifier, de créer de nouvelles friches et d’exporter l’inventaire ainsi constitué, le tout au sein d’un cercle fermé d’utilisateurs.
Cette fonctionnalité possède l’avantage de pouvoir faire participer un ensemble d’acteurs du territoire sur un seul et même outil numérique. Autre avantage : le module friches d'UrbanSIMUL respecte le standard de données CNIG !
Le Cerema a rédigé une fiche explicative pas à pas afin de vous aidez à monter et maintenir à jour un observatoire local des friches dans UrbanSIMUL.
Contactez-nous !
Découvrez l'outil en ligne :
Toutes les informations pour alimenter Cartofriches sont disponibles sur le Portail de l'artificialisation des sols, dispositif partenarial dont le le Cerema fait partie. En outre, si vous souhaitez contribuer à enrichir l'outil de nouvelles données, vous pouvez contacter le Cerema via l’adresse : cartofriches@cerema.fr
A partir des données de Cartofriches, il est possible de développer des outils de conseil et d’accompagnement des collectivités et des porteurs de projets dans leurs démarches de réutilisation de friches.
La démo de l'outil Cartofriches
Contact Cartofriches
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