
Le secteur du bâtiment et des travaux publics ainsi que celui de l’industrie génèrent chaque année environ 200 millions de tonnes de déchets minéraux non dangereux [1] et représentant environ les deux tiers de la production totale de déchets en France : la valorisation des déchets du BTP dans une logique d’économie circulaire est un levier majeur pour économiser les matières premières et réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Une méthode validée pour évaluer l’impact environnemental des matériaux

Les chantiers d’infrastructures linéaires de transport terrestre permettent d’utiliser des matériaux alternatifs, des déchets du BTP ou industriels recyclés. Le Cerema et l’Ineris ont développé une méthodologie, présentée dans ce guide, pour évaluer leurs caractéristiques environnementales et sanitaires.
Cette méthode porte sur l’acceptabilité environnementale et sanitaire de matériaux alternatifs élaborés à partir de déchets et destinés à être utilisés à des fins de construction, de réhabilitation ou d’entretien d’infrastructures linéaires de transport terrestre.
Cet ouvrage s’adresse principalement aux professionnels des travaux publics et aux industriels qui souhaitent étudier les possibilités de valorisation des déchets qu’ils détiennent ou qu’ils produisent. Il présente :
- Les usages visés par la méthode
- Les étapes de réalisation de l’étude environnementale et sanitaire, en précisant les informations à réunir.
- Le contenu des guides d’application qui présenteront, pour les principaux gisement de matériaux alternatifs, les résultats de l’étude environnementale et sanitaire.
Zoom : L’étude environnementale, une démarche en plusieurs étapes
Étape 1 : Description du déchet et de son gisement, afin de préciser connaître les caractéristiques du déchet ciblé et la manière dont il a été produit.
Étape 2 : Description des matériaux et de l’usage envisagé, ce qui implique de connaître le processus de fabrication du matériau alternatif, de définir le matériau d’infrastructure produit avec le matériau alternatif.
Étape 3 : Caractérisation environnementale des matériaux (le déchet, le matériau alternatif ou le matériau d’infrastructure suivant sa stabilité), afin de démontrer, pour chacun des usages envisagés, que les émissions dans l’eau respectent les objectifs de qualité des eaux et que les teneurs en polluants organiques restent limitées. Cette démonstration repose sur deux types d’étude :
- Des essais de lixiviation étudier la variabilité du matériau
- Une étude environnementale du matériau au regard des différents paramètres à suivre, à mettre en œuvre quand les essais de lixiviation ne sont pas opérants.
Le guide présente les méthodes d’échantillonnage et d’analyse, les seuils à respecter pour les différents paramètres. Pour certains usages, une évaluation quantitative des risques sanitaire est requise.
Les annexes présentent les normes d’analyses ainsi que les principes de la modélisation environnementale et d’élaboration des concentrations limites sanitaires.
[1] cf. Bilan 2020 de la production de déchets en France édité en 2022 par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.