
Le réemploi des friches est un enjeu majeur, et en tant qu’élu ou agent d’une commune ou EPCI, il n’est pas toujours facile de savoir comment s’y prendre pour faire passer une friche à l’étape suivante.
UrbanVitaliz, un service pour les collectivités
Le service public UrbanVitaliz offre une ingénierie gratuite pour les collectivités qui souhaitent se lancer dans des projets de réhabilitation de friches. Il est disponible pour toutes les communes et EPCI qui ont besoin d’être aiguillées, sur des aspects de financement, de méthode, ou encore d’études ou acteurs à mobiliser. Le Cerema porte ce service, avec la DGALN, depuis le début de l’année 2021, et permet de mettre sur les bons rails chaque collectivité qui en a besoin. Pour une prestation équivalente réalisée par un bureau d’étude, une AMO de premier niveau, c’est une économie pour la collectivité qui se chiffre entre 8.000€ et 12.000€.
Zoom sur 3 retours d'expérience
Friche des Tarares (Maine-et-Loire)
Le besoin au moment de contacter UrbanVitaliz:
La friche des Tarares est une friche industrielle d’environ 1 hectare située en cœur de bourg rural de 800 habitants, composée d’un bâtiment de 900 m² datant du début du 20e siècle, avec des caractéristiques architecturales intéressantes notamment au niveau de sa charpente et d’un terrain artificialisé de 9000 m² fortement pollué mais qui présente également l'avantage d'avoir une ouverture sur le grand paysage.
Après l’acquisition du bien en 2008 et d’importants travaux de dépollution/démolition réalisés en 2015, la question de la programmation du site s’est posée. La collectivité s’est retrouvée face à un double blocage :
- Comment avancer quand on ne sait pas encore ce que l'on souhaite faire du site ?
- Convaincre l’ensemble des élus d’engager des moyens financiers pour ce projet, alors même qu’il n’est pas défini.
Comment UrbanVitaliz a pu aiguiller la collectivité dans son projet ?
En 2023, la collectivité a décidé de se tourner vers UrbanVitaliz, après avoir découvert la plateforme via Aides-Territoires. L’objectif était d’exposer la problématique de manière concrète et d’obtenir un accompagnement pour avancer dans la réflexion.
L’accompagnement proposé a facilité l'échange avec une professionnelle de l’urbanisme, ce qui a permis de prendre du recul et de voir le site sous un autre angle. Ce soutien a permis de clarifier la situation, de dresser un diagnostic de l’état d’avancement, et de mieux cerner les points de blocage. Ensemble, il a été possible de poser la problématique et les besoins de manière précise, tout en identifiant les outils les plus adaptés pour faire avancer le dossier, notamment l’atelier Flash proposé par la DGALN.
Cet atelier a ensuite permis de réaliser un premier diagnostic approfondi du site, de poser une feuille de route pour les mois suivants, et de mieux définir ce que la commune voulait (et ce qu’elle ne voulait pas) pour la friche. Cet atelier a également permis de construire un argumentaire solide pour défendre la demande auprès des partenaires, facilitant ainsi la poursuite du projet.
Bien que le projet ne soit pas encore totalement abouti, plusieurs avancées notables ont eu lieu depuis l’accompagnement par UrbanVitaliz. Le sujet de la friche des Tarares a désormais pris une dimension plus large : l’intercommunalité a intégré le dossier dans le Schéma de cohérence territorial (SCoT) et a lancé une étude spécifique sur la question. De plus, les services de l’État suivent désormais de près l’avancement du projet.
Plusieurs porteurs de projets sont également entrés en contact avec la collectivité. Le premier contact a été rapidement écarté, car le projet ne répondait pas aux attentes formulées lors de l’atelier Flash de la DGALN. En revanche, un deuxième porteur de projet semble correspondre aux objectifs définis : il s’agit d’un projet qui intègre la dimension de convivialité, de valorisation des savoir-faire et qui envisage de redonner vie au bâtiment tout en valorisant l’espace, avec l’idée de créer un "poumon vert" et de réhabiliter le bâtiment.
Le projet est donc encore en cours de développement, et les progrès réalisés sont significatifs ; c’est la première fois depuis 2015, que la collectivité réussit à mettre en place une dynamique positive, qui a eu comme point de départ les conseils de l’équipe d’UrbanVitaliz.
Friche de Saint-Juéry (Tarn)
Le site du Saut du Tarn a accueilli jusqu'à 4 000 ouvriers au début du siècle. Son histoire est liée à son positionnement et au site naturel du saut du Tarn (chaos rocheux) qui marque la fin de la vallée du Tarn et le début des méandres de cette rivière la conduisant à l'océan. Le site a encore une activité industrielle, cependant il subit la désindustrialisation, avec son lot de fermetures et de pertes d'emplois). Doté d'un patrimoine exceptionnel, il paraît laissé à l'abandon.
La ville est lauréate d'un appel à projet de la Région Occitanie "Reconquête des friches en Occitanie" et souhaite à partir de ce dossier travailler sur les friches identifiées. Elle s'apprête à lancer une étude de définition et d'opportunité sur le site périmètre retenu de 70 ha. La ville ne dispose pas de l'ingénierie nécessaire ni en interne ni au sein de l'Agglomération de l'Albigeois afin de piloter un tel projet.
La commune contacte alors UrbanVitaliz pour avoir du conseil en amont, un benchmark, des retours d'expérience sur des problématiques similaires, le fléchage et l’aiguillage vers des outils adaptés, les dispositifs et aides financières et en ingénierie). Il convient de noter que ce projet s'inscrit dans une réflexion stratégique plus large sur le devenir de la ville pour lequel il est un élément central. Pour cela, la ville bénéficie d'un accompagnement renforcé de l'ANCT.
Quand le chargé de mission dialogue de gestion et projets structurants de la ville a sollicité UrbanVitaliz, il souhaitait alors lancer une consultation sur la gouvernance, l’animation, la participation.
Les recommandations d’UrbanVitaliz :
Ex collège des Iles de Mars (Isère)
La ville de Pont de Claix est propriétaire de l’ancien collège Îles de Mars depuis 2017. Ce terrain de 1,3 ha, bâti pour environ 6000 m² de surface de plancher est situé à l’articulation d'équipement publics et de commerces à requalifier au sein du quartier le plus peuplé de la ville. La ville a conduit une étude de plan guide et poursuit la volonté de requalifier le bâti pour y installer les services administratifs de la ville et reloger une association qui œuvre dans le champ de l'insertion professionnelle.
Le programme technique et fonctionnel de réhabilitation et extension de l'ancien collège des Iles de Mars a été finalisé au moment où la collectivité contacte UrbanVitaliz : il comprend une cité administrative, la relocalisation de cuisine centrale et du self communal ainsi que la création de commerces. Celui de la requalification du bâti pour le relogement d'une association est en cours. L'engagement de la phase opérationnelle (lancement du concours d'architecture) est conditionnée par l'identification de financements publics.
L'apport d'UrbanVitaliz pour aiguiller la collectivité :
- L'axe "recyclage foncier" du Fonds vert, visant à soutenir les opérations d'aménagement portant sur des fonciers artificialisés et dont le bilan est déficitaire, peut être mobilisé pour financer les études, l'acquisition foncière ou différents types de travaux.
- Mise en relation avec les instructeurs des dossiers en DDT.
- Financements européens : Afin de favoriser le recyclage des fonciers en friche ou dégradés, le FEDER soutient les opérations de requalification pour tout type d'usages en finançant l'acquisition, les travaux et prestations de service (hors AMO et maîtrise d'œuvre) à une hauteur moyenne de 40 % en Rhône-Alpes et 60 % en Auvergne. L'AAP n'est à ce moment là pas encore publié, mais une interlocutrice recommandée par UrbanVitaliz réorientera la collectivité vers les bons acteurs et aide à préparer le dossier.
